Une extension pour ma maison

INTRODUCTION

Lorsqu’il est nécessaire d’agrandir une maison existante, l’extension, lorsqu’elle est possible, est en général une solution préférable à la surélévation. Cette intervention modifie la volumétrie d’origine, et ce changement peut s’opérer de différentes manières. Cette pratique est aussi ancienne que l’architecture, et les édifices anciens offrent de nombreux modèles d’extensions. Elle doit en tous cas être l’occasion de proposer de nouveaux espaces habitables tout en réinventant la maison ancienne de manière qualitative.

Une maison évolutive

Du fait des évolutions familiales, professionnelles ou économiques, le volume d’une maison peut devenir trop exigu. L’extension peut alors s’avérer être la solution. La volonté d’adjoindre un nouveau volume habitable nécessite de suivre certaines étapes et de faire certaines démarches.

Au préalable, une analyse de la maison existante permettra d’identifier les éléments essentiels comme la volumétrie, les matériaux, le système constructif, la composition des façades, l’organisation intérieure, l’orientation, les couleurs, les éléments de décors qui la caractérisent.

Envisager une extension, c’est d’abord se poser les bonnes questions :

  1. Dans quel environnement s’inscrit mon projet ? Naturel ou bâti ?
  2. Quelle est la situation de ma parcelle ? Comment est-elle orientée ? Où se situe l’accès ?
  3. Quelles sont ses caractéristiques topographiques ? Quelle est la nature de mon sol ?
  4. Quel est mon droit à construire ? Quelles sont les contraintes réglementaires (gabarit, implantation, aspect extérieur, emprise, surface de plancher*, stationnement…) ?
  5. Quelle autorisation administrative est nécessaire afin de réaliser mon projet ? Mon projet est-il soumis à l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France (cf fiche info N°4) ?
  6. Quel est mon programme aujourd’hui et est-il valable à moyen et long terme ?
  7. Les travaux que j’envisage correspondent-ils à mon budget ?
  8. Quel volume pour mon extension et quelle implantation par rapport à ma maison ?
  9. Quel est le mode constructif envisagé ?
  10. Quels matériaux vais-je utiliser pour construire mon extension ? Que m’autorise le règlement ?
  11. Dois-je donner à mon projet une orientation « traditionnelle » ou « contemporaine »  ?
  12. Quels sont les matériaux les plus écologiques pour ma construction ? Quelle technique utiliser pour une isolation performante ?
  13. Quelle énergie pour mon projet ? Comment intégrer les énergies renouvelables ?

Le programme

Il est nécessaire de déterminer l’utilisation future de l’extension.

De quoi avez vous besoin actuellement et dans le futur ?

  1. d’espaces de rangement, de stockage, de lavage, de stationnement ? (cellier, buanderie, débarras, garage, abri de jardin…)
  2. d’espaces de circulation ? (entrée, sas…)
  3. de nouvelles pièces de vie ? (bureau, chambre supplémentaire…)
  4. d’agrandir des pièces existantes ? (séjour, salon, cuisine, salle de bain…)
  5. d’une extension autonome ? (studio indépendant, chambre d’étudiant…)

Une fois le programme défini, il faut déterminer l’implantation de l’extension par rapport au bâtiment existant ainsi que son orientation, la relation avec les pièces existantes ainsi que le rapport avec les espaces extérieurs comme le jardin, une terrasse, les accès depuis l’extérieur.

Une extension s’inscrit dans un contexte urbain ou rural. Avant même de réfléchir à la nature de son projet, il est nécessaire de consulter le PLU de sa commune afin de connaître les possibilités de construction offertes à sa parcelle (hauteurs maximales admises, marges de recul, quantité de surfaces pouvant être créées, matériaux autorisés, etc…).

Renseignements en mairie.

Stratégie de l’extension

La  création d’une extension à un bâtiment existant est par nature un projet particulier, unique, qui doit s’adapter aux contraintes du bâti et de la parcelle. Il n’est donc pas possible de se contenter de recopier un modèle existant. Et il est nécessaire de prendre le temps nécessaire à une réflexion préalable suffisante. L’avis d’un architecte est d’une grande utilité pour un projet d’extension.

On distingue trois types de projets d’extension :

  • Se placer dans la continuité de style du bâti existant. Une extension dite « traditionnelle » poursuit l’écriture architecturale du bâti existant, tout en permettant la lecture du volume initial. Les matériaux, le volume, les proportions des ouvertures répondent par mimétisme à l’existant – photos n°1 et 2.
  • Poursuivre les volumétries existantes tout en les réinterprétant avec une écriture contemporaine (au niveau des proportions des ouvertures, du choix des matériaux et des teintes…) – photos n°3 et 4.

  • Se positionner en rupture par rapport au bâti existant. L’extension prend alors une écriture architecturale et une volumétrie différentes du bâtiment d’origine. Cette extension, que l’on nommera « contemporaine », se singularise par sa volumétrie, ses matériaux et ses teintes, ses percements… – photos n°5 et 6.

Le CAUE met à cet effet à disposition, gratuitement, des architectes conseillers pour les particuliers. Pour de plus amples informations, vous pouvez vous rendre sur le site du CAUE 44.

Extension linéaire

On ajoute un ou plusieurs volumes en prolongement du volume existant. Sans chercher à dissimuler l’extension en la fondant dans le bâti tout en respectant les principes de la typologie et des volumes.

Extension perpendiculaire

Elle consiste à ajouter un volume perpendiculairement au volume existant. Là aussi, de multiples possibilités s’offrent quant à la hauteur, la largeur, le décalage ou non de l’extension créée.

Extension en façade

La largeur sera relativement modeste, définie par la volumétrie et la hauteur du bâtiment principal. Le plan de toiture peut prolonger le pan de toiture du bâtiment principal ou s’en décrocher. Une rupture de pente est alors parfois nécessaire.

Tout projet d’extension nécessitera le dépôt d’une demande d’autorisation administrative, comme un permis de construire ou une déclaration préalable.

Concernant les différentes étapes du projet d’extension, se référer à la fiche info n° 5 sur « les démarches administratives  ».

Types d’implantations et de volumétries

Tout projet d’extension nécessitera le dépôt d’une demande d’autorisation administrative, comme un permis de construire ou une déclaration préalable.

Concernant les différentes étapes du projet d’extension, se référer à la fiche info n° 5 sur « les démarches administratives  ».

Les matériaux

  • Vous pouvez choisir de réaliser une continuité avec l’existant, en utilisant les matériaux déjà employés (toiture, maçonnerie, enduits, modénatures).
  • Vous pouvez envisager l’utilisation de matériaux différents de l’existant (bois, verre, zinc, cuivre…), pour créer volontairement une rupture entre la partie ancienne et la neuve.

Les ouvertures

Observez les façades de votre maison : elles sont composées de pleins (les murs) et de vides (les percements).

Plusieurs critères sont à respecter afin que votre extension soit cohérente avec le bâti existant :

  • Limiter le nombre d’ouvertures différentes, privilégier la sobriété des formes.
  • Ne pas bousculer sans raison le rythme des façades existantes (symétrie, ordonnancement).
  • Conserver les proportions des percements existants.

Conseils à retenir pour mon projet

  1. Dans la plupart des cas, le volume général de l’extension sera plus bas que celui de la maison principale. On privilégiera toujours un volume plus modeste pour l’extension, le bâtiment existant restant le bâtiment principal.
  2. La jonction des volumes entre l’existant et l’extension devra être soignée, techniquement et esthétiquement. L’extension ne doit pas être un objet rapporté mais un élément d’un tout.
  3. On prêtera une attention particulière aux éléments de modénatures existants comme les encadrements de baies, les corniches, les chaînages d’angle… au moment de l’adjonction du volume de l’extension. Ces éléments fragiles participent à la qualité du bâti existant.
  4. Dans le cas d’extensions traditionnelles, les pentes des toitures de l’extension seront la plupart du temps parallèles à celles des toits existants pour une meilleure intégration.
  5. Quelque soit la nature du projet, il s’agira de mettre en accord les matériaux de l’extension avec ceux de l’existant. Le choix de la mise en œuvre (couleur de joint, type d’enduit…) aura un impact immédiat sur la cohérence d’ensemble de l’habitation.
  6. On évitera les matériaux de types PVC pour les menuiseries, les descentes d’eaux pluviales et les gouttières.
  7. On privilégiera les matériaux de qualité comme le bois, la pierre, l’ardoise, ou ceux présentant un effet de matière comme le béton, la brique, la tuile, le zinc…
  8. On prêtera une attention particulière au choix du système constructif de l’extension (brique monomur et enduit, parpaing et isolation extérieure, mur en ossature bois…) qui aura un impact sur les choix pour l’aspect extérieur de la construction.

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