Refaire un enduit de façade

INTRODUCTION

L’usure d’un enduit ancien est normale, et sa réfection est nécessaire lorsqu’il ne remplit plus ses fonctions de protection et de mise en valeur d’une façade.
Mal conduite, cette intervention peut remettre en cause la pérennité et le confort d’un bâtiment, et lui faire perdre ses qualités patrimoniales.
Il convient donc de respecter les règles de l’art, et de confier cette tâche à un artisan expérimenté.

Le principe des maçonneries à la chaux

Tous les murs anciens constitués de moellons de pierre et de mortier de chaux et de sable étaient autrefois enduits, sauf dans le cas particulier de quelques architectures qui, au XIXe siècle ou au XXe siècle, ont utilisé la pierre comme un décor de façade (certaines architectures en témoignent).
Beaucoup d’enduits anciens se sont dégradés et ont fini par disparaître avec le temps. Ce qui peut donner le sentiment que la pierre des murs était autrefois apparente, et souhaiter conserver cet aspect qui n’est donc pas authentique.

Les façades étaient enduites pour les protéger des intempéries, et pour des raisons esthétiques et techniques. Ne restaient apparents que les encadrements ou les arêtiers d’angle en pierre ou en brique, les décors de façade en pierre ou en terre cuite, les linteaux en bois, les corniches en pierre ou les génoises de tuiles.

Les enduits, uniquement composés de chaux et de sable, faisaient corps avec les maçonneries, et permettaient à l’humidité interne aux parois de s’échapper, ce qui est essentiel à leur conservation et au confort des habitations.

Sur les façades de certaines habitations, un badigeon de chaux blanche complétait parfois la protection contre la pluie, tout en permettant aux murs de respirer et tout en contribuant à la qualité de certaines architectures.

Mise en œuvre d’un enduit à la chaux sur un mur en pierre

Que ce soit par goût personnel ou recherche d’authenticité, on ne doit pas dégarnir les murs anciens de leurs enduits pour rendre la pierre apparente, car la plupart des constructions anciennes n’ont pas été prévues pour cela :

Préparation du support

Un piquetage et un brossage manuels sont nécessaires pour déposer le vieil enduit et les joints dégradés. Ce nettoyage permet de vérifier l’état de l’appareillage de moellons et de remédier aux désordres éventuels, de vérifier l’état des pieds de mur et la nécessité d’un éventuel drainage du sol, de vérifier l’état des encadrements, linteaux, arêtiers, corniches ou génoises en pierre ou en brique.

Composition du mortier traditionnel

Les chaux aériennes sont à privilégier aux chaux hydrauliques. Dans tous les cas l’addition de ciment est à proscrire, pour éviter un enduit trop dur qui ne se solidarisera pas avec les maçonneries anciennes et les empêchera de respirer.

Il existe des mortiers « prêts à l’emploi », formulés de manière industrielle, qui sont rarement exempts de ciment, même sous l’appellation d’enduits « à la chaux ». Leur composition doit donc être vérifiée avec soin. On évitera d’utiliser les plus colorés d’entre eux.

Épaisseur et aspect de l’enduit

Épaisseur

L’épaisseur de l’enduit doit tenir compte de la disposition des pierres ou briques d’encadrement. En règle générale, la surface extérieure de l’enduit doit être au même niveau que le « nu » extérieur des encadrements (ni en retrait, ni en surépaisseur).

Dans certaines constructions, la pierre ou la brique est en surépaisseur, pour des raisons esthétiques. On conservera alors la disposition d’origine.

On peut admettre, pour des raisons techniques, que l’enduit soit légèrement en surépaisseur par rapport aux encadrements. Sa surface doit alors venir « mourir » doucement jusqu’au « nu » des encadrements.

Aspect

En règle générale, les enduits étaient les plus lisses possible. On ne donc pas chercher à créer des enduits avec relief ou effets « rustiques ». Certains façades sont dotées d’enduits d’aspect granuleux, dits « tyroliens », dont l’aspect contraste avec des pierres ou des briques lisses. On pourra alors conserver cette logique en réalisant un enduit gratté se rapprochant du relief d’origine.

Les enduits couvriront toujours entièrement les maçonneries de moellons, sauf dispositions architecturales particulières d’origine. On s’interdira de laisser apparentes quelques pierres pour « faire rustique ».

Les enduits dits « à pierres vues », c’est-à-dire laissant apparaître la surface extérieure des moellons, sont possibles sur des constructions rustiques, comme des annexes rurales ou des murets de clôture, mais ne correspondent pas à l’esprit des maisons de bourg, des maisons bourgeoises ou des villas balnéaires.

Épaisseur et aspect de l’enduit

Les teintes des enduits anciens provenaient de la nature de leurs composants (sables et argiles).

Aujourd’hui, l’utilisation d’enduits « prêts à l’emploi » rend possible la réalisation de teintes variées. Mais on doit conserver l’esprit des pratiques anciennes, en restant dans des gammes de tons proches des sables, c’est-à-dire dans les beiges, du plus clair au beige moyen (ton sable). On évitera les jaunes, roses ou oranges,  d’inspiration provençale et aujourd’hui parfois prisés, mais incompatibles avec l’identité des paysages patrimoniaux de Loire-Atlantique.

Des badigeons de chaux blanche, ou des peintures minérales laissant respirer les murs, peuvent compléter l’aspect fini d’un enduit lissé. Là encore, on évitera les couleurs voyantes.

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