Maisons anciennes et développement durable

INTRODUCTION

Les préoccupations environnementales de ce début du XXIe siècle imposent aux nouvelles constructions des impératifs contraignants en matière de consommation énergétique. Les techniques et matériaux utilisés pour le bâti neuf ne sont pas toujours compatibles avec le caractère des édifices anciens et, surtout, ne sont en général pas adaptés à leur comportement thermique et hygrométrique.
L’analyse environnementale des projets de restauration et de rénovation doit se faire dans une logique adaptée aux constructions anciennes.

Les maisons anciennes, écologiques par nature

Les architectures anciennes en pierre, brique, mortier de chaux et bois, c’est-à-dire l’ensemble des constructions édifiées depuis des siècles et jusque dans les années 1920, l’ont été avec des préoccupations environnementales fortes, pour des raisons d’économie de chantier, de proximité des matières premières disponibles, d’un faible niveau de transformation de la matière et d’utilisation d’énergie fossile. Les maisons étaient peu chauffées, naturellement aérées. Dans le cas des propriétés de villégiatures rurales ou balnéaires, peu occupées en saison froide, la consommation énergétique était très faible.

L’occupation à l’année de ces maisons, et les besoins contemporains de confort, entraînent des questionnements quant aux modes d’isolation propres à améliorer les performances thermiques. Mais les réponses apportées le sont souvent à l’aide de matériaux ou de techniques mis au point pour les constructions modernes en parois minces de béton ou de parpaings. Elles sont souvent inutiles pour le bâti ancien et, pour ce qui concerne l’isolation des murs par l’extérieur, peuvent se révéler dommageables pour le caractère architectural et patrimonial des édifices concernés.

Or, les maisons en parois épaisses en pierre, mortier de chaux et brique, possèdent une forte inertie thermique, et nécessitent peu d’isolation, en dehors de celle des toitures (le point le plus important) et, en général, de celle des menuiseries extérieures.

On doit aussi considérer que le simple fait de préserver le patrimoine bâti est une démarche environnementale, par la conservation de « l’énergie grise » contenue dans les constructions anciennes, c’est-à-dire l’énergie qui a été dépensée pour transporter, fabriquer et assembler les matériaux nécessaires au moment de leur construction. En ce sens, la démolition et la reconstruction d’un édifice s’apparentent à un gaspillage d’énergie.

Le choix des matériaux

Le choix des matériaux utilisés pour une rénovation ou une extension doit aujourd’hui être fait en fonction de considérations environnementales, en tenant compte de leur cycle de vie (production, transport, mise en œuvre, recyclage en fin de vie…) et en fonction de leur impact sur la santé. On évitera les produits dérivés du pétrole, comme le PVC ou certaines peintures et lasures, pour leur préférer le bois certifié, les peintures et lasures écologiques, les badigeons de chaux. De nouveaux isolants thermiques à base de fibres végétales ou animales sont aussi depuis peu disponibles (cf fiche projet n°11).

Restaurer plutôt que construire ?

Restaurer

Même si le processus de restauration est plus complexe que l’acte de construire (prise en compte des caractéristiques structurelles et techniques du bâti et des surprises du chantier), la restauration d’un bâtiment existant participe à une démarche de développement durable car elle offre de nombreux avantages :

  • Éviter l’étalement urbain sur les terres agricoles et naturelles,
  • Participer à la valorisation du patrimoine bâti existant,
  • Personnaliser les habitations, les adapter aux usages et aux besoins réels,
  • Augmenter la valeur d’un bien et transmettre un patrimoine durable.

Construire

L’acte de construire offre un confort immédiat, un entretien limité les premières années et un budget maîtrisé.

Mais il est difficile de trouver des terrains constructibles à l’intérieur des bourgs. Naturellement, les futurs propriétaires se tournent alors vers la construction pavillonnaire en lotissements.

Or, ces constructions neuves sont peu insérées dans le contexte urbain et paysager des bourgs.

Elles participent au mitage des terres agricoles et espaces naturels.

Elles banalisent souvent les entrées et limites de bourg.

La restauration d’une maison ancienne dans les règles de l’art lui donne une valeur patrimoniale et financière. Elle est aussi un recyclage de matériaux, d’espace, d’énergie.

Le jardin et l’environnement

Entre la maison et l’espace public, le traitement de cet «espace tampon » participe à la qualité et à la mis e en valeur de la propriété.  On assiste souvent à une trop grande artificialisation de cet espace, notamment dans les zones rurales. Pourtant, cet espace de transition participe à la qualité des paysages.

Les préoccupations environnementales conduisent à limiter les traitements phytosanitaires du jardin. Elles peuvent aussi amener à réfléchir aux types de plantations et aux essences utilisées qui, outre leur intérêt esthétique, peuvent jouer un rôle non négligeable dans la protection de la maison contre le soleil, le vent, le froid. La disparition des arbres et arbustes qui, traditionnellement, entourent les maisons montre ainsi souvent une dégradation du « micro-climat » qu’ils généraient.

On conseillera de :

  • Préférer des transitions douces avec des espaces enherbés, des haies arbustives formant abri pour la faune locale.
  • Planter une diversité d’arbustes d’essences locales.
  • Préserver les arbres existants.
  • Éviter d’artificialiser les allées par des enrobés et d’imperméabiliser les sols.
  • Éviter de construire des clôtures maçonnées (en parpaing) trop rigides et bloquant les eaux de ruissellement.

Pour délimiter la parcelle, on préférera les fossés enherbés, les haies vives, les clôtures simples en bois ou les murets en pierre.

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