Les portes, les fenêtres et les volets extérieurs

INTRODUCTION

Les menuiseries extérieures, autrefois fabriquées à la demande par des artisans, dans des bois de qualité, ont su durer. Elles sont aujourd’hui souvent remplacées par des produits préfabriqués, dont l’adaptation aux ouvertures existantes n’est pas aisée, et dont les bois ne sont pas toujours durables. L’utilisation du PVC dans les constructions anciennes fige la coloration et fait perdre le savoir-faire des menuisiers.

L’architecture et le style des menuiseries anciennes

Pour les architectures anciennes du monde rural ou des bourgs, la qualité du dessin des portes, fenêtres et volets était souvent le seul raffinement des façades, et constitue donc aujourd’hui l’essentiel de leur qualité patrimoniale.

Aujourd’hui, le remplacement des menuiseries, pour des raisons d’isolation thermique ou phonique, peut entraîner la perte de témoignages historiques et de savoir-faire anciens, et surtout dénaturer le caractère patrimonial d’une architecture, si les choix effectués ne sont pas en cohérence avec la typologie de la maison.

Les portes d’entrées

Les portes anciennes l’image de la maison, dont elles affirment le caractère dès l’accueil du visiteur.

Celles de la plupart des maisons modestes, fermes ou maisons ouvrières, étaient en planches verticales, parfois surmontées d’une imposte vitrée.
Les maisons plus cossues montraient des portes à panneaux plats ou moulurés. Les maisons bourgeoises pouvaient montrer des parties vitrées, avec vitraux ou ferronneries intégrées.

La qualité du dessin des profils et la nature du matériau d’une menuiserie extérieure sont des éléments prépondérants dans le caractère d’un maison ancienne. Une menuiserie mal choisie peut dénaturer une façade.

Les fenêtres anciennes

La fenêtre ancienne est souvent reléguée au rang de simple ouvrage fonctionnel. Pourtant, elle reflète le savoir-faire des époques passées. Le progrès technique a permis la production de produits verriers de plus en plus grands. Afin de garantir le maximum de luminosité à l’intérieur des maisons, les menuisiers ont travaillé les différentes sections de bois afin de les rendre les plus fines possibles. Le dessin des fenêtres au cours des siècles s’est donc modifié. Ainsi le meneau en pierre disparaît au XVIIeme siècle. Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, les vitres de petite taille sont remplacées par des grands carreaux, et la fenêtre s’agrandit. Les petits bois devenus inutiles disparaissent. Des pièces comme le regingot perfectionnent la menuiserie. Encore très fréquente aujourd’hui, la fenêtre classique est à deux vantaux ouvrant à la française, de trois ou quatre carreaux chacun, sans décor ni fantaisie particulière. La quasi totalité des fenêtres anciennes est en chêne. La crémone, création du XIXe siècle, verrouille les ouvrants de la fenêtre.

Restaurer une menuiserie ancienne doit être une priorité sur son remplacement.

Seules certaines architectures urbaines des années 1900-1930 montrent des menuiseries à décor. Ces édifices se différencient peu de la tradition en ce qui concerne les portes et les fenêtres, sauf pour les grandes baies ou jardins d’hiver où des motifs particuliers se rencontrent (volutes, rosaces, motifs fleuris, géométriques…).

Aujourd’hui, la technique permet de créer des grandes fenêtres ou portes-fenêtres sans divisions. La fenêtre contemporaine propose des vitrages de grande taille. Ses menuiseroies d’acier ou d’aluminium offrent des performances accrues, et une esthétique parfois compatible avec le bâti ancien quand leur dessin reste simple et les profils fins.

Les besoins d’isolation thermique ou phonique amènent à utiliser de nouveaux modèles de portes et de fenêtres, et des stores extérieurs. Mais on doit garder à l’esprit que le dessin des menuiseries et celui des volets extérieurs participe à l’équilibre général de la composition des façades, et contribue à la qualité patrimoniale des maisons des bourgs et des villages.

Entretien et restauration des menuiseries anciennes

Les portes et fenêtres en bois, quand elles montrent des désordres, présentent l’avantage de pouvoir être réparées. Les pièces abîmées seront remplacées. La menuiserie sera consolidée si nécessaire. On pourra éventuellement réaliser un nouvel encadrement pour la menuiserie dans la même essence de bois.

Si leur état nécessite un remplacement complet, l’idéal est de confier à un artisan la fabrication d’une menuiserie identique à l’original. Si l’on choisit un modèle du commerce (quand les dimensions de l’ouverture le permettent) on choisira un modèle le plus proche possible de l’existant. On écartera en général les modèles fantaisistes à décor de laiton ou à ferronneries complexes, pour leur préférer les modèles les plus classiques, souvent les mieux adaptés.

Les volets extérieurs en bois peint, qu’ils soient ouverts ou fermés, donnent une qualité aux façades, ce qui n’est jamais le cas des stores extérieurs. Comme pour les fenêtres et selon leur état, on essaiera dans un premier temps de restaurer ces volets ou persiennes, en changeant uniquement les pièces défectueuses, et en les entretenant par l’application d’une peinture micro-poreuse adaptée aux boiseries extérieures.

Sinon, on les réalisera en planches verticales, maintenues par des barres horizontales ou des écharpes biaises. Les volets ajourés de type « persiennes », parfois à motifs découpés, sont fréquents pour les baies des maisons de ville, des maisons bourgeoises ou des villas balnéaires, ainsi que les volets repliables pour les baies larges. On évitera toujours les modèles inspirés d’autres régions, comme les volets à panneaux ou à lames horizontales.

Pour les volets en fer, on procédera en premier lieu à leur dépose et à leur décapage. La technique la plus performante est le décapage chimique afin d’ôter les couches anciennes de peinture. On appliquera ensuite une couche de peinture spéciale intégrant un anti-rouille. (voir fiche n°13 – « Les ferronneries »).

Rapporter un double vitrage thermique et phonique sur une fenêtre ancienne.

Cette opération consiste à remplacer le simple vitrage existant par un vitrage plus épais, qui aura des qualités phoniques et thermiques.

  • On dépose la quincaillerie et les vitrages existants,
  • On procède à un décapage,
  • On renforce l’ossature de la fenêtre par la pose d’équerres d’angle (si nécessaire),
  • On remplace les pièces défectueuses comme le jet d’eau.
  • On pose une surmenuiserie composée de montants et traverses que l’on colle et visse sur le dormant de la menuiserie ancienne.
  • Cette opération doit être effectuée par un ouvrier qualifié. Elle n’est justifiée que si le dormant n’est pas défectueux. Un joint périphérique complète l’isolation des ouvrants.

Les quincailleries

Hormis dans le cas d’architectures savantes au décor important, on choisira en général des modèles au dessin simple, que l’on peindra en noir ou dans le ton de la menuiserie.

Le choix du matériau

Traditionnellement, les menuiseries étaient en bois, mais de nouveaux matériaux sont apparus comme le fer, l’aluminium, et aujourd’hui le PVC. On conseillera pour les menuiseries des maisons anciennes le bois peint, ou éventuellement le métal laqué.

L’aluminium laqué peut être compatible avec une architecture ancienne, à condition de présenter des profils fins et d’être utilisé dans une démarche de réécriture contemporaine (par exemple des grands percements du bâti agricole).

Le PVC séduit pour l’absence d’entretien qu’il est censé générer. Mais on gardera à l’esprit que, outre son caractère non authentique pour des édifices anciens, il présente des défauts quand à sa durabilité et à sa fragilité aux intrusions extérieures, que sa fabrication entraîne des problèmes environnementaux, et que sa composition le rend dangereux en cas d’incendie.

Les menuiseries PVC n’offrent pas les différents reliefs et profils d’une menuiserie en bois bien dessinée. Si on l’utilise, on choisira des modèles aux proportions identiques aux menuiseries anciennes, en évitant les traverses et montants trop épais.

Les menuiseries PVC sont difficilement réparables, ce qui n’est pas le cas du bois. Elles offrent des teintes limitées. De plus, en fin de vie, elles sont la plus part du temps incinérées et émettent des polluants dans l’atmosphère.

Une menuiserie bois ancienne nécessite :

  • Un entretien régulier avec l’application d’une peinture micro-poreuse pour menuiseries extérieures.
  • Le remplacement des mastics.
  • Le débouchages des gorges sur les pièces d’appui.
  • Le remplacement si nécessaire des pièces défectueuses.

Des exemples à proscrire…

Les fenêtres, des exemples à suivre…

Articles recommandés

Commencez à taper et appuyez sur Enter pour rechercher