Les ferronneries

INTRODUCTION

Eléments fonctionnels autant qu’objets d’ornementation, les ferronneries ont accompagné l’évolution des styles architecturaux depuis des siècles.

Dans les garde-corps des fenêtres et balcons, les marquises des portes d’entrée, les ferrures des portes et volets, les girouettes, les grilles et portails, les escaliers, le fer participe à la richesse patrimoniale de la maison.

On essaiera toujours de réparer, restaurer une ferronnerie plutôt que de la remplacer. Seuls des artisans compétents sont aptes à établir un diagnostic et à intervenir sur les ferronneries anciennes.

Le travail du fer, un artisanat patrimonial

Les ouvrages en ferronnerie sont, au-delà de leur utilité première, des éléments esthétiques, qu’ils s’agissent des plus savantes compositions géométriques ou des plus simples pentures des portes et des volets de l’architecture rurale.

Dès le Moyen Âge, mais surtout aux XVII et XVIIIes siècles, le travail du fer a d’ailleurs été investi par des artistes qui ont conçu des dessins et motifs élaborés pour la réalisation de pentures, de grilles, de portails, de marquises. On parle dans ce cas de « ferronnerie d’art ». Ces ouvrages ont accompagné les évolutions de l’architecture et de ses styles, et ont toujours représenté un investissement financier et culturel important. Entrelacs baroques des balcons urbains du XVIIIe siècle, courbes souples de l’Art Nouveau ou formes géométriques de l’Art Déco des années 30, l’art de la ferronnerie est donc en lui-même un patrimoine.

Ces recherches formelles, d’abord réservées aux édifices prestigieux, ont progressivement influencé l’ensemble de la construction, et les formes forgées ou moulées se sont diffusées dans les constructions plus modestes, soit par les compétences d’artisans capables de dessiner et de forger les modèles en vogue à chaque époque, soit par le biais d’éléments industrialisés vendus sur catalogue, dès le XIXe siècle.

Le fer, matériau à la fois résistant et malléable, peut être travaillé à chaud (fer forgé) ou à froid (fer martelé). Additionné de carbone, il devient fonte, matériau utilisé notamment dans les structures des charpentes métalliques et des poteaux des halles, mais également dans de nombreux balcons ou éléments décoratifs de l’architecture urbaine.

Avec le temps et l’humidité, le fer souffre de la rouille, il est donc nécessaire de le protéger, de l’entretenir, et si nécessaire de le réparer à l’aide de techniques appropriées.

L’entretien des ferronneries, une priorité pour leur pérennité

L’entretien régulier des ferronneries suppose de respecter deux étapes essentielles : le nettoyage et la protection.

Nettoyer

Deux méthodes sont possibles : le nettoyage mécanique ou le traitement chimique.

La méthode de nettoyage mécanique consiste à décaper le fer à l’aide d’une brosse métallique, afin d’ôter les saletés et les traces de rouille. Pour les barreaux, les formes arrondies, on peut utiliser de la toile émeri ou de la laine d’acier. Ensuite, il s’agit de polir la surface grâce à de la pâte à polir ou un disque à polir en feutre ou en coton. Puis on dépoussière l’élément.

Le nettoyage chimique consiste à appliquer au pinceau un dérouillant à base d’acide phosphorique, qui va détruire la rouille. On élimine ensuite les traces du produit avec de l’essence. On dégraisse l’ensemble avec un chiffon grâce à du trichloréthylène ou de l’acétone.

Protéger

On traite la ferronnerie au transformateur de rouille. On laisse sécher et on applique ensuite sur la ferronnerie une couche de peinture glycérophtalique associée à de l’antirouille, en insistant sur certaines zones comme les angles ou les parties très oxydées.  Certaines peintures décoratives « spécial fer » ont un antirouille incorporé.

Recommandations :

  • On essaiera toujours de réparer une ferronnerie plutôt que de la remplacer.
  • Un entretien régulier est recommandé afin de conserver les ferronneries.
  • On protégera la ferronnerie de la rouille, son principal ennemi.
  • Si le remplacement d’une pièce s’avère indispensable, il est important de toujours partir du dessin d’origine, ou de choisir une composition très sobre. On choisira un artisan qualifié pour ce travail.
  • On évitera les produits standardisés non adaptés à l’esthétique de sa maison. Pour la quincallerie des menuiseries, on évitera notamment les éléments en laiton, proposés en nombre dans le commerce mais étrangers à la tradition française du fer forgé.
  • Une peinture adaptée reste la technique la plus simple pour protéger le fer forgé.
  • La couleur des ferronneries sera plutôt sombre (noir, bleu nuit, vert foncé, rouge bordeaux foncé). Les teintes  sombres font paraître les éléments visuellement plus fins, et rendent les grilles plus perméables aux vues vers les lointains.
  • On pourra procéder à la surélévation d’un garde-corps ancien afin que celui-ci puisse répondre aux normes actuelles en s’inspirant du dessin d’origine de ce dernier.
  • La création contemporaine pourra être également être une réponse. Elle se marie aisément au patrimoine. Des ferronniers ou serruriers peuvent créer des pièces originales, qui devront rester dans l’esprit de la maison, qu’elle soit simple ou au contraire riche de fantaisie.

Télécharger cette fiche au format PDF

Articles recommandés

Commencez à taper et appuyez sur Enter pour rechercher