Les extensions vitrées de type véranda

INTRODUCTION

Espace intermédiaire entre le dedans et le dehors, la véranda est un prolongement de la maison. Sous forme de galerie vitrée, de jardin d’hiver, de sas, c’est un espace à vivre supplémentaire.  Volume structuré par une ossature légère et très vitré, la véranda doit pouvoir s’intégrer harmonieusement à la volumétrie de la maison. Sa conception, comme celle de toute extension, doit être considérée comme celle d’un projet architectural.


L’adjonction d’une véranda nécessite une autorisation d’urbanisme (cf fiche info n°5 – Les démarches administratives).

Volume, orientation, accroche

Construction constituée d’acier et de verre, et parfois de bois, de fonte et de brique, la véranda prend son essor au XIXe siècle avec les serres et jardins d’hiver ajoutées aux grandes demeures de villégiature et aux hôtels particuliers urbains. Elle se démocratise au cours du XXe siècle, avec notamment l’essor de la construction en aluminium, jusqu’à être parfois considérée comme un simple équipement que l’on peut acheter et ajouter à sa maison. Or, l’adjonction d’une véranda représente un enjeu architectural, sur le plan esthétique et technique comme pour l’évolution des usages de la maison.

Lors de la conception de la véranda, une attention particulière devra être portée à :

  • L’usage. Il faudra prendre le temps de réfléchir à la fonction de cette pièce supplémentaire, et à ses liens avec les autres pièces de la maison. Cela aura un impact sur la conception même de la véranda.
  • L’orientation. L’ensoleillement est essentiel dans le projet. L’orientation détermine le type de lumière reçue à l’intérieur du volume, et surtout son comportement thermique. Ceci peut avoir une influence sur l’usage projeté (prolongement du séjour, jardin d’hiver, sas…).
  • La volumétrie. Celle-ci devra être adaptée à la volumétrie de la maison existante.
  • L’accroche. Pour une bonne intégration, on prêtera une attention particulière à la manière d’adosser le volume de la véranda à celui de la maison (hauteur par rapport à celle de la maison, présence de modénatures et percements existants…). L’aspect technique est ici essentiel.
  • Le style architectural de la véranda. On adaptera le style architectural de la véranda à celui de la maison.
  • Les matériaux. Les matériaux auront un impact sur la qualité et sur l’ambiance de cet espace supplémentaire.

Attention aux surchauffes et déperditions thermiques

Espace essentiellement vitré, une véranda peut vite s’avérer être un gouffre énergétique ou un « four », d’où la nécessité de bien choisir le type de vitrage. Afin de réduire sa facture énergétique et de lutter contre l’effraction, on s’orientera vers des doubles-vitrages, peu épais (4,12,4) (4,16,4) à isolation thermique renforcée. L’argon est un gaz qui remplace l’air à l’intérieur du double vitrage, ce qui augmente ses propriétés isolantes.

La véranda pourra être accompagnée par des stores qui permettront de limiter la surchauffe en été et de protéger du froid en hiver. On pourra aussi créer des écrans végétaux avec des treillages garnis de plantes grimpantes à feuilles caduques (perdant leurs feuilles en hiver) pour protéger la véranda lors des heures les plus chaudes d’été et laisser passer la lumière du soleil l’hiver. La présence d’arbres formant ombrage peut jouer le même rôle.

Une bonne ventilation, par des châssis ouvrants, est nécessaire afin d’aérer l’espace de la véranda l’été.

L’usage

Une véranda, pourquoi faire ? Quelle est la fonction de la véranda dans la maison ?

  • Un espace tampon ou de liaison : sas d’entrée, lieu de passage, ou lien entre deux bâtiments.
  • Un espace à vivre : prolongement d’une cuisine, d’un séjour, ou nouvel espace.
  • Un espace intime : coin détente, jardin d’hiver, bureau…
  • Le volume rajouté est défini par des besoins de confort, d’intimité ou non, de relations avec l’extérieur, d’ouverture …

L’orientation

L’orientation est un critère essentiel dans le projet de véranda. Elle détermine le type de lumière ainsi que la quantité de chaleur qui pourra s’accumuler à l’intérieur de son volume. L’orientation définit en grande partie l’usage de la véranda (cf ci-dessus).

• Pour une véranda ensoleillée :

  • Sud – Sud-ouest
    Excellents apports énergétiques en demi-saison, qui permettent de stocker la chaleur et de la restituer ensuite. En période de fort ensoleillement, elle risque vite de devenir un lieu invivable si son volume est important et non protégé, notamment en cas de toiture vitrée. Une bonne ventilation sera nécessaire.
  • Sud-est – Est
    Le Sud-Est est une orientation privilégiée pour les vérandas. Les vitrages captent les premiers rayons du soleil, les grosses chaleurs de soir d’été sont plus supportables.

• Pour une véranda ombragée :

  • Ouest
    Cette orientation offre une bonne protection contre les pluies et le vent. Elle permet de profiter du réchauffement de la maison en fin de journée, au printemps et à l’automne.
  • Nord
    Cette situation est intéressante, si l’on veut obtenir une lumière permanente relativement homogène (orientation traditionnelle des ateliers d’artistes). La véranda ainsi orientée restera froide et difficile à chauffer : orientation peu recommandée pour un lieu de vie (séjour, cuisine…).

La véranda peut être utilisée pour chauffer la maison. En accumulant la chaleur sous sa surface vitrée, la véranda transmet la chaleur à l’intérieur de la maison et répond ainsi aux exigences des maisons bioclimatiques.

Volumétrie et accroche

Il n’existe pas d’implantation type, mais la volumétrie de la véranda devra respecter et s’inspirer de la volumétrie de la maison.

  • Il faudra prêter une attention particulière aux rapports de proportions entre les deux volumes.
  • Il faudra respecter la composition de la façade sur laquelle la véranda vient s’adosser.
  • Les pentes de toit du volume de la véranda devront être proches de celles de la maison.
  • Le rappel d’un matériau existant facilite bien souvent l’intégration de la véranda.
  • On évitera que la véranda paraisse rapportée  à la maison telle une verrue.

La finesse de la structure participe à la qualité esthétique de la véranda. Le style architectural de la véranda devra être en adéquation avec le style de la maison. Par exemple, une véranda de style victorien (ancien) s’adaptera sur une maison bourgeoise mais pas sur une maison de type rural comme une ancienne ferme.

Les styles de vérandas

On peut définir deux styles de véranda :

La véranda de type ancien

Elle reprend l’image des serres et des jardins d’hiver du XIXe siècle. Riche en décor, elle est caractérisée  par un dessin soigné. Les volutes, rosaces, motifs décoratifs et épis peuvent orner sa structure. Les profils des menuiseries sont fins. Véritable maison d’acier et de verre, elle se marie avec les maisons anciennes telles les maisons bourgeoises, les grandes villas, les hôtels particuliers. Les volumétries peuvent adopter des formes arrondies. L’acier, pour sa souplesse et la finesse de ses profils, est le matériau privilégié des vérandas de type ancien.

Une véranda de type contemporain

Du style plus épuré, la véranda de type contemporain est très peu décorée. Les volumétries adoptent des formes géométriques simples, qui peuvent s’adapter à la plupart des maisons anciennes et modernes. L’aluminium comme l’acier ou le bois sont les matériaux de la véranda contemporaine.

Les matériaux de la véranda

  • L’acier laqué permet d’obtenir aujourd’hui des profils à rupture de pont thermique assez fins mais à des coûts souvent plus élevés que l’aluminium. La finesse des profils joue beaucoup sur l’esthétique de la véranda, qui paraîtra d’autant plus légère. La longévité de l’acier compense son coût plus élevé. Il peut être laqué dans une large gamme de coloris. On fera appel aux compétences d’un serrurier ou d’un ferronnier.
  • Si le choix se porte sur une structure en aluminium, on optera pour les profilés les plus fins, plus élégants et offrant une surface vitrée optimale. L’aluminum supporte mieux le poids des vitrages de grande taille.
  • Le bois peut être utilisé aussi bien pour l’ossature que pour les encadrements des vitrages. On veillera à la nature du bois utilisé. Certains bois ont en effet une meilleure résistance aux intempéries ou aux UV, tels le chêne, le châtaignier, le pin Douglas ou le mélèze. Les bois pourront être peints ou laissés naturels. Ils nécessiteront un entretien régulier.

  • La véranda pourra être posée sur un mur bahut permettant de créer une allège pouvant recevoir les vitrages. Le matériau du mur bahut et sa finition feront référence aux matériaux utilisés pour la maison.

  • On privilégiera en général le dessin de vitrages verticaux (de type atelier), mais des vitrages de plus grandes dimensions, répondant à une écriture architecturale plus contemporaine, pourront dans certains cas être utilisés.

  • Le toit ne sera pas systématiquement vitré. Il pourra être couvert soit dans le matériau de la couverture de la maison, soit en zinc ou en cuivre. La couverture du toit permettra une meilleure isolation thermique aussi bien l’été (surchauffe) que l’hiver (froid).

On pensera à demander la garantie décennale au fabricant.

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