Décors, encadrements en terre cuite

INTRODUCTION

La terre cuite est un élément majeur des paysages architecturaux de Loire-atlantique, dans les toitures et les souches de cheminée, mais surtout dans les encadrements, corniches, génoises et décors de façades. Cela tient autant au fait que la plupart des constructions y datent du XIXe siècle et des débuts du XXe, qu’à la liberté créative et à l’économie de ce matériau riche en formes et en teintes, apprécié dans l’architecture tant rurale qu’urbaine.

Accompagner la pierre et l’enduit, structurer, orner…

Le XIXe siècle a vu la brique prendre une importance grandissante dans l’architecture rurale et urbaine de Loire-Atlantique. D’abord sous forme de « tuileaux », carreaux de terre cuite rectangulaires utilisés pour les encadrements de portes et de fenêtres, les souches de cheminées et les génoises.

Puis sous la forme de briques artisanales, de taille variable, et ensuite sous la forme de briques industrialisées, normalisées aux dimensions de 5 par 11 par 22 cm. Selon les terres utilisées et les modes de cuisson, et selon les goûts des constructeurs, la brique a pu prendre des teintes variées, du blanc cassé au rouge sombre en passant par les bruns, les tons roses ou orangés, les gris clairs ou sombres.

La terre cuite a aussi été utilisée pour des décors de toitures et de façades, sous la forme d’épis* de faîtage, de briques moulées à décor, de briques recouvertes d’émaux de couleur, ou d’éléments de clôtures ajourées, grâce à des pièces industrialisées reprenant des motifs architecturaux ou végétaux.
Dans l’architecture balnéaire de la fin du XIXe et des débuts du XXe siècle, la terre cuite a participé aux vocabulaires éclectiques ou Art Nouveau, souvent en mélange avec la pierre et en contraste avec les teintes d’enduits. La terre cuite est également très présente dans les décors des façades italianisantes autour de Clisson avec notamment les baies géminées*, serliennes*, occulus* et autres génoises.

Au même titre que les éléments de façade en pierre intégrés aux maçonneries de moellons, les briques et décors de terre cuite jouent souvent un rôle structurel, et doivent être préservés pour garantir la pérennité des constructions.

Entretien et réfection des génoises et corniches

Comme les corniches en pierre, les génoises et les corniches en briques soutiennent les débords de toiture et éloignent les eaux de pluie des façades. Une génoise est un ensemble composée de rangs alternés de tuiles rondes et de « tuileaux » plats, une corniche en terre cuite pouvant être composée soit d’éléments moulurés posés comme des pierres, soit de briques posées selon des arrangements divers, destinés à créer des motifs en relief.

Le principal ennemi de ces dispositifs est l’humidité provenant de zingueries mal entretenues ou défectueuses.

Les tuiles et briques abîmées ou manquantes seront remplacées par des éléments de même nature, de même taille, si possible de même teinte. Le mortier de pose sera à la chaux et au sable, sans ciment, pour rester cohérent avec celui des parois, et parce que la terre cuite, comme la pierre, pourrit sous l’effet de l’humidité stagnante.

On ne recouvrira jamais une génoise ou une corniche par un enduit ou une peinture étanche, mais éventuellement par un badigeon de chaux ou une peinture minérale, d’un ton différent de celui de l’enduit. On égalisait autrefois parfois les teintes des briques avec des badigeons de chaux teintés avec des pigments ocres ou de la terre cuite réduite en poudre.

Entretien et réfection des encadrements et arêtiers en brique

Les encadrements de portes et de fenêtres, les arêtiers d’angles ou les bandeaux horizontaux en brique ne sont pas des décors plaqués sur les façades, mais des éléments structurels intégrés aux parois, qui protègent les angles des maçonneries en moellons, et leur confèrent une stabilité et des liaisons internes essentielles à leur durabilité.

Les briques défectueuses seront remplacées par des éléments de même nature et de mêmes dimensions, de même teinte ou d’une teinte proche de celle de l’original. Le mortier de scellement et les joints seront toujours exclusivement composés de chaux et de sable, à l’exclusion du ciment.

Ces encadrements doivent être conservés, entretenus, restaurés avec soin, et rester apparents afin de pouvoir respirer librement, et afin que les façades conservent leur écriture architecturale et leur intérêt patrimonial. On ne les recouvrira pas par de l’enduit. Des badigeons de chaux ou des peintures minérales pourront éventuellement les recouvrir, en utilisant une teinte en contraste par rapport à celle de l’enduit de façade.

On ne recouvrira jamais les encadrements et arêtiers en brique par un enduit ou une peinture étanche. Seuls un badigeon de chaux ou une peinture minérale sont éventuellement applicables, dans un souci d’harmonisation des teintes, et sur une architecture qui le rend possible (par exemple sur une maison balnéaire ou bourgeoise à décor de façade).

Les éléments décoratifs en terre cuite

On veillera particulièrement à préserver les éléments décoratifs en terre cuite moulée ou émaillée, qui sont aujourd’hui souvent difficiles à remplacer. On vérifiera donc leur bon scellement, et on les protégera des infiltrations d’eau ou des chocs.

En cas de remplacement, on cherchera dans le commerce des éléments se rapprochant le plus de l’esthétique originale de la maison.

Les décors sont en effet une des caractéristiques de la qualité de l’architecture, qu’il s’agisse des maisons de bourg, des maisons bourgeoises, des villas ou de leurs clôtures. On évitera donc de les simplifier ou de les faire disparaître.

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